Route de légende : le col de la Bonette

Ce mois-ci nous prenons la direction du Sud de la France pour se rendre dans l’arrière-pays niçois afin de découvrir le col de la Bonette qui relie la vallée de l’Ubaye à celle de la Tinée. Véritable liaison entre la Méditerranée et les Alpes, la route de la Bonette possède un passé militaire riche comme en témoigne les nombreuses ruines, vestiges de la ligne Maginot des Alpes. Déclarée route impériale en 1860 par l’empereur Napoléon III, le tracé de la route actuelle ne fût achevé qu’en 1964.

Situé au cœur du massif du Mercantour, le col de la Bonette relie les villes de Jausiers et de Saint-Etienne-de-Tinée en 53,5 km. Avec une altitude maximale de 2802m, elle est la route goudronnée la plus haute de France et même d’Europe. 

En partant de la ville de Jausiers, l’ascension est longue de près de 24 km. Très vite la route devient sinueuse et les épingles s’enchainent. Au début de l’ascension, le paysage est verdoyant, les arbres longeant la route empêchent une réelle visibilité sur les vallées et montagnes environnantes, mais au fur et à mesure de l’ascension, la végétation se fait de moins en moins dense offrant des paysages quasi lunaire à certains moments. Après 16 km de monté, route s’élève davantage, les pourcentages jusqu’ici aux alentours de 7% connaissent des pics allant jusqu’à 11%, une vraie épreuve notamment pour les cyclistes. A quelques encablures de la cime de la Bonette, et après une série d’épingles se tiens l’ancienne caserne militaire de Restefond.

Arrivé au sommet, une petite boucle permet de contourner la cime de la Bonette et un petit sentier pédestre vous permet d’atteindre son sommet culminant à 2860 mètres. Au sommet, une table d’orientation vous attend pour vous repérer. Une vue incroyable sur la chaine des Alpes s’offre à vous. Le paysage complètement désertique met en valeur les sommets enneigés, de roc rouge, ainsi que anciens bunkers, vestige des tensions militaires entre la France et l’Italie.

Après une pause bien méritée, il est temps de repartir vers Saint-Etienne-de-Tinée où il rester très attentif lors de la descendre, la route étant encore plus sinueuse que lors de la montée. Comme toutes les routes de haute altitude, cette dernière est fermée à la circulation pendant l’hiver. L’été n’est pas non plus la meilleure période pour ce rendre sur ce tracé, le flot de touristes étant important, la circulation y est difficile voire dangereuse. Pour profiter pleinement de ces paysages incroyables entre terre et mer, optez pour le printemps, vous profiterez d’une route calme et d’un fond sonore très agréable avec les nombreux troupeaux de vaches qui jalonneront votre parcours.

Bonne route !