Route de légende : Les Gorges de la Nesque

Ce mois-ci, direction la Provence pour découvrir un site naturel exceptionnel : les Gorges de la Nesque. Situé dans le Vaucluse entre le village de Monieux et celui de Méthamis, ce canyon, labélisé « Réserve de Biosphère » par l’Unesco, regorge de trésors naturels et préhistoriques.

Les Gorges de la Nesque s’étendent sur une vingtaine de kilomètres avec un dénivelé total de 300 mètres environ. Le parcours est jalonné de tunnels creusés à même la roche et de belvédères.

Ce n’est que depuis 1911, et la construction d’une route épousant la forme tortueuse du canyon, que la traversée de ce dernier est possible. Autrefois permettant d’approvisionner le plateau de Sault, la désormais nommée D942 n’a désormais qu’un intérêt touristique.

En empruntant cette route, vous allez effectuer un véritable voyage dans le temps. En effet, les Gorges de la Nesque ont abrité de nombreuses populations à travers les âges. Au fond des Gorges, et accessible uniquement à pied, se dresse la chapelle troglodyte de Saint-Michel de Anesca. Cette chapelle, construite au 12ème siècle, a la particularité d’avoir été érigée à l’abri d’un vaste surplomb rocheux. Au-dessus de cette dernière, il existe deux abris sous roche. Des fouilles archéologiques ont permis de prouver qu’ils étaient occupés à l’époque préhistorique il y a plus de 150 000 ans.

Au cours de votre trajet, vous aurez l’opportunité de vous arrêter pour admirer le paysage sur le belvédère de Castellaras. Ce belvédère vous offre une vue exceptionnelle sur les Gorges de la Nesque et particulièrement sur le Roché de Cire, une avancée rocheuse qui doit son nom aux abeilles sauvages qui le peuplait par le passé. Le Rocher de la Cire a été immortalisé par Frédéric Mistral dans son livre « Calenda », un poème à la gloire de la Provence. Pour rappeler ce poème, une stèle se tient sur le belvédère du Castellaras où sont gravés en provençal ces vers :

« Cette Nesque s’engouffre dans une gorge anfractueuse et sombre ;

et vient ensuite un point où le roc brusquement et incroyablement se cabre … C’est du Rocher du Cire qu’il s’agit :

Ni chat ni chèvre, ni satyre, Je vous en réponds bien, jamais n’y grimperont ! Seule l’hirondelle de roche le rase de son aile.

Dans les fentes, les abeilles sauvages faisaient là du miel, depuis des années innombrables, sans être jamais dérangées ; et de la cire amoncelée, vingt paires de chameaux en auraient eu leur charge ! » Frédéric Mistral – Calendal.

Les Gorges de la Nesque regorgent de trésors que ce soit pour les amoureux de la nature ou les passionnés d’histoire, nul doute que ce trajet en voiture vous offrira de nombreuses surprises. Bonne route !