Voiture de légende : Delorean DMC-12

Nous partons ce mois-ci sur les traces d’une voiture aussi atypique que son histoire. La DeLorean DMC-12 est tout sauf une voiture qui respecte les codes de l’automobile. Lancée en 1981 et produite à moins de 9000 exemplaires, elle a littéralement marqué plusieurs générations grâce à la trilogie « Retour vers le Futur ». La DMC-12 peut remercier cette trilogie sans qui elle serai probablement restée dans l’anonymat.

 

John DeLorean

John Delorean

Le 6 Janvier 1925, John DeLorean voit le jour à Détroit. En grandissant, il choisi de devenir Ingénieur et signe à 25 ans un contrat chez Chrysler. Il gravit les échelons et en 1972, il devient vice-président de Général Motors. DeLorean est un homme qui aime la lumière. Très présent dans les soirées Jet-Set, il aime se faire remarquer et cumule les couvertures de magazine. Cependant, bien qu’étant un homme assez atypique avec ses chaines en or et son côté extravagant, il n’en reste pas moins un homme d’affaire puissant et un visionnaire.

Malgré sont importance au sein de la société, Delorean est bridé et ne peut faire entendre raison au conseil d’administration de GM. Il décide alors avec l’accord de sa hiérarchie de quitter son poste en 1973.

En 1975, Il fonde sa propre société la Delorean Motor Compagny et a pour dessein de construire sa propre voiture selon ses propres critères.

Delorean parcours alors le monde à la recherche d’investisseurs afin de lever des fonds pour établir une chaine de montage et réaliser son rêve. Cependant, imaginer une voiture s’avère en réalité bien plus simple que de trouver l’argent pour la construire. Après de nombreux refus, il décroche un contrat avec l’Irlande du Nord et se voit alloué par le Royaume –Unis un budget de 100 millions de dollars.

 

Des débuts compliqués 

Lors de la création de la Delorean Motor Compagny, il engage un célèbre styliste Italien : Giugiaro pour dessiner son rêve. Étant un grand fan de la 300SL, il demande à Giugiaro d’intégrer des portes papillons. Il impose également que la carrosserie soit en acier inoxydable et non peinte.

DeLorean-in-Dunmurray

En 1978 débute la construction du premier prototype baptisé DSV pour Delorean Safety Véhicules. Delorean acquiert les droit d’utilisation pour fabriquer un châssis permettant une réduction considérable du poids mais également des coûts de fabrications. Il paye à prix d’or cette technologie qui malheureusement s’avère inutile puisque non applicable à une production de masse. La fabrication prend du retard et Delorean va faire une autre erreur de taille. Suite au conflit entre l’armée Républicaine Irlandaise prônant l’indépendance du pays et les forces britanniques, le pays est ravagé par le chômage. Delorean en profite pour engager beaucoup de personnes. Pressé par la construction de son véhicule, il ne prend pas le temps de former ses employés qui sont pour la pluparts totalement inexpérimenté au point que les premiers modèles envoyés aux Etats-Unis comporte bon nombre de malfaçons.

Delorean

(source photo : lautomobile magasine)

En 1981, les premières DMC-12 voient le jours et au final, la DMC-12 n’est pas la voiture de sport avant-gardiste qu’avait imaginé John DeLorean. Ses performances sont très moyennes. Elle embarque un moteur V6 PRV utilisé chez Peugeot, Renault et Volvo et développant 130ch. La boite de vitesse est conçue par Renault et la seule option proposée est une transmission automatique moyennant 650$ supplémentaires.

L’équipement intérieur est relativement pauvre. On relève cependant la présence d’un radio cassette, d’une sellerie en cuir ou encore de l’air conditionné.

Initialement, la DMC-12 devait coûtait 12 000 dollars (d’où son nom), cependant la réalité est tout autre puisque finalement elle fût vendue 25 000 dollars, un frein supplémentaire à la vente de la voiture.

Delorean

Toutefois, John DeLorean réussi à rendre sa voiture unique et reconnaissable entre toute grâce à une carrosserie entièrement en acier et ses portes papillons ayant fière allure. Cependant, même avec ces petits détails, les ventes ne décollent pas et la DeLorean Motor Compagny est au bord de la faillite.

Un accord peu orthodoxe

John Delorean manque de fonds. Sa société est en péril, les actionnaires l’abandonnent un par un et les banques ne le suivent plus. Son rêve et sa gestion sont entrain de lui coûter tout ce qu’il a. Dans un dernier élan, il accepte une proposition faite par John Hoffman consistant à devenir un « dealer » de cocaïne pour des personnes très riches. Devant les montant proposés DeLorean accepte. Et un soir, ou il à rendez-vous dans une chambre pour livrer une très grande quantité de drogue contre 24 millions de dollars, il est surpris par le FBI et il est arrêté.

L’affaire qui fera la une de la presse condamne définitivement la DeLorean Motor Compagny et entache considérablement l’image de John DeLorean qui s’en sort libre. La DMC-12 quant à elle voit sa carrière stoppée nettement jusqu’à ce qu’un film change tout.

La DMC-12 élevée au statut de légende 

Après toute cette affaire, les ventes s’effondrent littéralement. Cependant, un producteur de cinéma inspiré Robert Zemeckis décide de la sortir de sa retraite précoce dans l’un de ces films : Retour vers le Futur.

la-delorean-de-doc

En 1985, le film sort sur tous les écrans et devient un succès mondial, la DMC-12 occupe au même titre que Christopher Lloyd ou Michael J. Fox la place de superstar. Transformée pour l’occasion en machine à remonter le temps la DMC-12 attire rapidement les convoitises et les passionnés du film n’hésitent pas à casser leur tirelire pour s’acheter cette voiture produite à moins de 9000 exemplaires.

La DeLorean trouve enfin sa place et devient une voiture culte. Christopher Lloyd (alias Doc Emmett Brown dans Retour vers le futur) dira même dans le film : « Quitte à voyager dans le temps au volant d’une voiture, autant en prendre une qui ait de la gueule ! »

Paul Nigh's 'TeamTimeCar.com' Back to the Future DeLorean Time Machine

S’en suivront deux autres opus rassemblant toujours plus les foules. La DeLorean devient immortelle et aujourd’hui encore, les fans se l’arrachent.