Rivalité de Légende : Lewis Hamilton et Fernando Alonso

Ce mois-ci nous retraçons une rivalité en Formule 1 qui aura marqué le début de carrière du prodige Lewis Hamilton et la fin de la domination du Taureau des Asturies : Fernando Alonso.

En 2007 Fernando Alonso débarque chez les Flèches d’Argent avec le statut de leader après ses deux titres de Champions du Monde, et Ron Dennis, Directeur Sportif de l’écurie décide de lancer sur la piste sa jeune pépite de 22 ans : Lewis Hamilton. Personne ne se doute alors que cela mènera à un véritable chamboulement de hiérarchie, donnant naissance cette saison à une extraordinaire rivalité entre les deux pilotes.

Les débuts de Fernando Alonso

Fernando Alonso est né le 29 juillet 1981 à Oviedo en Espagne. Comme tous les grands pilotes, Alonso fais ses débuts en karting où il devient Champion d’Espagne Junior en 1993, 1994, 1995 et 1996. Il remporte même en 1996 la Coupe du Monde Junior de Karting. En 1999, suite à ses résultats, il intègre pour la première fois un baquet en Formule Nissan. Alonso remporte le titre et l’année suivante, il fait un premier test en Formule 1 dans l’écurie Minardi. Même si Fernando impressionne par son pilotage, il ne signera pas tout de suite en Formule 1 et en 2000 il fera ses débuts en Formule 3000 pour acquérir de l’expérience. Malgré une saison qui ne lui permettra pas de jouer le titre à cause de son inexpérience, il se fait néanmoins remarquer par ses coups d’éclats. Flavio Briatore, le manager de l’écurie de Formule 1 Renault, remarque tout de suite son potentiel et décide de lui faire signer un contrat de management.

En 2001, Flavio Briatore place Alonso chez l’écurie Minardi pour qu’il fasse ses armes, et découvre alors la réalité de la course en Formule 1. Handicapé par une voiture lente, Fernando ne brille pas. Briatore ne voulant pas que son poulain s’enlise, il décide de le placer dans son écurie comme pilote d’essai l’année suivante, derrière les pilotes Jarno Trulli et Jenson Button. En parallèle il réalise quelques essais chez l’écurie Jaguar où, à la surprise générale, il réalise de meilleurs temps que le pilote titulaire Pedro de la Rosa.

Alonso 2005

(source photo pitpass)

Briatore sentant que le moment est venu décide de titulariser Alonso, remplaçant ainsi Jenson Button parti chez l’écurie Bar Honda.

En 2003 et 2004, Fernando, confirme être un pilote plein de talent. Il bat tout d’abord le record de précocité pour un « poleman » (première place sur la grille de départ, acquise lors des qualifications), il bat également celui du plus jeune gagnant d’un Grand Prix, en Hongrie. Fernando est l’un des pilotes les plus rapides et les plus talentueux sur les circuits. Il termine 6ème du Championnat lors de la saison 2003 et 4ème en 2004.

En 2005, Alonso est touché par la grâce, au terme d’une saison fantastique. Auteur de six pôles positions et de sept victoires, Alonso s’offre le titre de Champion du Monde et devient ainsi le premier espagnol à gagner le titre, mais également le plus jeune Champion de l’histoire, à seulement 24 ans (record qui sera battu 3 ans plus tard par un certain Lewis Hamilton). Son année fantastique permet également à l’écurie Renault de devenir Championne du Monde des constructeurs, le premier de l’histoire de Renault !

Alonso Champion

De plus, l’espagnole met fin au règne de la légende Michaël Schumacher, qui était sur une série de quatre titre mondiaux d’affilés.

En 2006, malgré une bataille de tous les instants avec Michaël Schumacher et l’annonce d’un départ de Renault en début de saison, Alonso récidive et gagne à nouveau le titre de Champion du Monde offrant également la couronne des constructeurs à l’écurie Renault.

Puis en 2007, il va connaître ses grands débuts dans l’écurie McLaren, aux côtés d’un certain Lewis Hamilton.

Les débuts de Lewis Hamilton

Lewis Hamilton est né le 7 janvier 1985 à Stovenage en Angleterre. Il commence le karting dès l’âge de 8 ans. A 9 ans, il remporte le Championnat Junior de Karting d’Angleterre. Il est alors invité à un Dîner de Gala organisé par le magazine sportif Autosport. Le petit Lewis à de l’ambition et lors de ce diner, il aborde le patron de MacLaren, Ron Dennis, pour lui faire part de son envie de courir un jour en Formule 1. Ron Dennis lui demande d’être patient, de continuer à faire ses preuves. Ce conseil n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd puisque trois ans plus tard, après de bons résultats en Karting, Ron Dennis décide de le prendre sous son aile en lui faisant signer un contrat de management à long terme. Il prend ainsi en charge l’ensemble des frais liés à sa jeune carrière.

A 15 ans, Hamilton devient Champion d’Europe de Formule A en Karting. Puis il commence à piloter en Formule Renault. Après une 7ème puis une 3ème place au championnat en fin de saison, il gagne finalement le titre en 2003 en ayant remporté 10 victoires et 11 pôles positions en 15 courses.

En 2004, Lewis Hamilton, fort de son succès en Formule Renault, accède en Formule 3. Il termine 5ème de la saison régulière. Puis en 2005, il éclabousse le championnat par son talent en remportant 15 victoires et 13 pôles positions en 20 courses. Il gagne ainsi le titre et devance bon nombre de futurs pilotes de F1 comme Sebastian Vettel.

LewisHamiltonPortrait

En 2006, il devient pilote d’essai chez McLaren, mais en parallèle, il participe au championnat de GP2. Il domine l’ensemble des pilotes et vient gagner le titre devant Nelson Piquet Junior.

En 2007, Ron Dennis estime que Hamilton est prêt pour la lumière, et le place dans un des baquets des Flèches d’argent pour la saison aux côté du double Champion du monde en titre : Fernando Alonso.

Une cohabitation difficile 

Au début de la saison 2007, tous les voyants sont aux verts pour McLaren. Une équipe extrêmement compétitive composée du Champion du Monde en titre, du meilleur jeune pilote du moment et d’une voiture fiable et performante.

Formula 1 Grand Prix, Australia, Saturday

(source photo xpb.cc)

Pour la première course de la saison en Australie, Alonso termine à la 2ème place, Hamilton termine 3ème et devient le 2ème rookie (débutant) de l’histoire (avec Jacques Villeneuve) à terminer sur le podium lors de sa première course. Au Grand Prix de Malaisie, les McLarens confirment leur forme du moment avec un doublé, 1ère place pour Alonso et seconde pour Hamilton. Le britannique signe un 3ème podium en autant de courses, sa performance est unique dans l’histoire de la Formule 1.

Lors du Grand Prix de Monaco, le début de la rivalité entre les deux coéquipiers va commencer avec une déclaration un peu douteuse de Lewis Hamilton. A la fin du Grand Prix, et suite à la victoire de Fernando Alonso, le britannique déclare qu’il n’était pas en mesure de se battre pour la première place en raison d’une stratégie de course qui le désavantageait. Cette petite phrase, qui peut sembler anecdotique, est le départ d’un brasier qui va consumer l’équipe McLaren.

Alonso Hamilton 2

Après Monaco, Hamilton, remonté comme jamais, enchaîne deux victoires successives au Canada et aux Etats-Unis. Alonso et Hamilton sont dans un mouchoir de poche au classement des pilotes, mais le britannique a pris l’avantage en se montrant plus régulier, et l’espagnole commence à s’agacer de voir un rookie lui tenir tête de la sorte. La tension devient palpable entre les deux pilotes, et la guerre va éclater à l’occasion du Grand Prix de Hongrie.

Le 4 août 2007 débute les qualifications pour le Grand Prix de Hongrie. Alors que la fin de la séance qualificative approche, Alonso décide de rentrer aux stands pour changer de pneus. Volontairement, il bloque son coéquipier dans les stands l’empêchant d’effectuer un dernier tour chronométré et s’assurant ainsi la pôle position pour la course du lendemain. Les commissaires de piste n’apprécient que très peu ce genre de comportement et décident de sanctionner Alonso, en lui retirant sa pôle position et en le rétrogradant de cinq places sur la piste. Cette manœuvre scinde définitivement l’équipe en deux. Chaque mécanicien choisi son camp, et Hamilton, peu avant le départ, décide d’aller saluer l’ensemble des membres de l’équipe, sauf un, Fernando Alonso.

Alonso Hamilton 2007

Le torchon brûle entre les concurrents. Quelques années plus tard, le grand patron de la F1, Bernie Ecclestone, publie un livre sur sa vie et sur certains des secrets les mieux gardés de la Formule 1. Nous apprenons donc qu’Alonso, peu avant le départ du Grand Prix de Hongrie, serait allé voir Ron Dennis pour lui demander de saboter la voiture de Hamilton, en lui mettant moins d’essence que prévu. L’histoire ne dit pas si cette manœuvre antisportive à bien eu lieu, mais Lewis en ayant appris cela n’aura pas dut être content.

GP USA 2007

(source photo Hoch Weii)

Mais en plus de la tension entre les deux pilotes, éclate au même moment un scandale d’espionnage. Un ingénieur de McLaren, Mike Coughlan, est accusé d’avoir effectué un espionnage industriel sur l’écurie Ferrari. Après enquête, le pilote d’essai de McLaren Pedro de la Rosa, et le pilote titulaire Fernando Alonso, collaborent avec le Directeur de la Fédération de Sport Automobile Max Mosley et révèlent l’implication de toute l’écurie McLaren dans ce dossier. Le torchon brûle désormais entre Fernando Alonso et l’ensemble de l’équipe McLaren et l’histoire qui avait débuté quelques mois plus tôt se terminera brutalement à la fin de la saison, avec un départ d’Alonso chez son écurie de cœur : Renault.

Quelques semaines plus tard, malgré un titre de Champion du Monde qui tendait les bras à Hamilton, c’est le Finlandais Kimi Räikönnen, pilote de Ferrari qui s’adjugera le titre.

Comme le remarqueront bon nombre d’observateurs, notamment Alain Prost, McLaren laisse échapper le titre de Champion du Monde à cause d’erreurs de gestions. Le fait d’enrôler un double Champion du Monde avec un jeune pilote aux dents longues, sans établir clairement un rôle de pilote N°1 et de pilote N°2, allait mener l’écurie à sa perte. La rivalité entre les deux pilotes est également née de cette mauvaise gestion.

Hamilton gagnera néanmoins sont premier Championnat du Monde l’année suivante, et Alonso, bien qu’étant un des pilotes les plus brillant du circuit ne gagnera plus aucun titre. La faute au nouveau venu qui gagnera quatre titres d’affilés : Sebastian Vettel.